©

Camille Franch Guerra Et Evan Gerard-Bourgeau

Orma et Symbiopathie

2018

Techniques et dimensions variables

-

L’installation, réalisée séparément, évolue pourtant dans un système symbiotique. Au sol, une architecture de différents micros-paysages, systèmes de vies et d’évolutions réagissent avec l’installation murale dont le goutte à goutte puise sa source dans l’un des aquariums et par les pales du ventilateur se voit exploser et atterrir dans un lombricompost, un micro-jardin ou un tas de feuilles ramassées durant nos déambulations. Si on prête attention on peut alors entendre grâce à des microphones les lombrics s’activant pour transformer la matière.

 

 

-

Les boîtes en bois enferment en elles des territoires ; de l'individuel au collectif, du compost maison au gazon d'un espace public. Chacun se meut et évolue grâce et avec l'autre, dans une collectivité que j'ai forcée. On entend des sons qui sortent d'un amplificateur, des craquements souterrains de lombrics. Ils s'activent pour échanger les déchets verts en matière minérale prête elle aussi à être assimilée par une future végétation. Il y a d'autres éléments discrets, une mue d'araignée dans un tube à un essai, des pierres volcaniques qui flottent, permettant un espace insulaire aux larves de moustiques attendant leurs éclosions. Dans un cycle circadien, le flux d'une pompe immergeable permet de faire sonner le tube en verre vacillant dans l'eau. Les larves de moustiques se développent dans un bassin d'eau trouble bleutée et ceux grâce aux larves du compost situées d'un aquarium ouvert, au-dessus du bassin. La simple décomposition de la matière permet aux larves de naître et aussitôt de tomber dans le bassin agrémentant l'eau trouble. L’aquarium fut contenant puis contenu, chacun à son tour sera dévorer. Les moustiques se nourriront de notre sang au sein de l'espace d'exposition. Il existe un syncrétisme avoué, répété, exagéré. L’ère antropocène est bien là, aussi.